© D. Piollet
© Eric Massua
© Clotilde Grandguillot

Présentation

1980, c’est la fin des Trente Glorieuses et le début du théâtre d’objet : ce n’est pas un hasard. L’envahissement des objets trouve un exutoire au théâtre.

Un objet bon à faire du théâtre, se tient dans la main, manufacturé à des milliers d’exemplaires, souvent made in China, pas cher, des fois abîmé. On le reconnaît parce qu’on l’a tous eu chez nous. Il porte ses fêlures, il porte un peu de mémoire. Il parle des petites gens. De grands ancêtres l’ont déjà évoqué dans leurs domaines : Duchamp, Bachelard, Perec…

Le théâtre d’objet naît chez plusieurs compagnies en France et en Italie : Manarf, Bricciole, Piccoli Principi, Vélo.

Notre premier spectacle, le Théâtre de Cuisine, tient dans une valise, se joue sur une table et donne son nom à la Compagnie.

Influencés dans notre enfance par le cinéma de quartier, nous reprenons le vocabulaire du cinéma pour l’appliquer au théâtre. En répétition nous parlons de plan large, de plan serré, de flash-back… De point de vue. Devant le public nous faisons tout en même temps : jeu, cadre, montage ; nous aimons bien montrer les ficelles, comment ça se fabrique, les coulisses sur scène, c’est un théâtre de la complicité et de la proximité avec le public.

La petitesse des objets nous permet de faire apparaître l’immensité sur une table de cuisine. Ces objets qui racontent l’infra-ordinaire, sont des boîtes à fabriquer des épopées. Les objets sauvés de la poubelle sont les ruines de notre société, ils portent une mythologie familiale. Ils sont bons à inventer une nouvelle histoire en se souvenant confusément d’une autre.

Nous aimons chercher les liens qui existent entre Andersen et Katy dans La Femme aux allumettes, entre Macbeth et Christian dans Je serai Macbeth. Nous bricolons des hypothèses de vies en y mettant beaucoup de notre propre histoire. Notre théâtre se fabrique à la main.

Dédiés à tous les publics, trente spectacles font aujourd’hui partie du répertoire du Théâtre de Cuisine. Largement diffusés en France et à l’étranger, ces spectacles sont autant d’envies de prouver que nous pouvons imaginer le monde.

A ce jour, une dizaine de spectacles sont en tournée.
Découvrez-les dans notre rubrique Les spectacles.
Quant aux autres, ceux que vous ne verrez plus jamais, mais qui sont toujours là, tout près, et font partie de nous, nous les avons rangés dans De mémoire de cie.

Katy Deville, Christian Carrignon

Valise rouge sur fond noirLire l’article paru dans la revue théâtrale, Théâtre (s) printemps 2015