Katy Deville

Directrice artistique

Alors qu’elle manipule, cachée derrière le castelet, toutes sortes de marionnettes au sein de la compagnie de l’Echelle, Katy Deville rencontre en 1978 Christian Carrignon. Ensemble, ils… échafaudent rapidement des plans sur la comète ! Ils sortent du cadre et revisitent les mythes et les contes en manipulant désormais des objets à vue. Ils bricolent, à partir d’objets manufacturés, des hypothèses de vie…

Et hop, le Théâtre de Cuisine est né !

Car Katy Deville est une curieuse, toujours en quête de nouvelles rencontres qui sauront la déplacer. Ce sont ses petits cailloux blancs à elle.

Et après un détour sur les routes avec Philippe Genty, elle pose ses valises et celles du Théâtre de Cuisine en 1993 à Marseille, au cœur de la Friche La Belle de Mai.

Comédienne, vous l’avez peut-être vue dans Vingt minutes sous les mers. Trente ans après sa création, cet incroyable récit aquatique fait partie des petites formes incontournables de la compagnie. Citons encore Presque tout l’univers, Shakespeare Perrault, La Répétition : une Odyssée et bien d’autres encore…

Metteur(e) en scène, Katy Deville convie aisément l’ailleurs sur ses créations. Si au fil des années, les objets disparaissent, elle reste fidèle à la déstructuration du récit. Souvent entourée de la chorégraphe Joëlle Driguez, elle aime inventer un langage scénique avec sa grammaire, ses conjugaisons d’objets, de mots parlés ou chantés et de gestes chorégraphiques : Duo Dodu, Curieuses !, Le Journal d’Antigone, Ka-o, poème mouvementé, C’est encore loin ?. La dernière création, La Femme aux allumettes, signe son retour au théâtre d’objet avec Christian Carrignon à la mise en scène et à la dramaturgie.

Katy aime les chemins de traverse. Ils sont autant de détours qui la guident sur son chemin d’artiste. Parallèlement à une formation en Art thérapie et une pratique régulière du chant carnatique (musique très ancienne d’Inde du Sud), elle poursuit son travail d’interprète au sein d’autres compagnies : elle découvre l’univers de Jean-Pierre Larroche, s’initie au théâtre d’ombres avec la Cie Amoros et Augustin, se passionne pour différents répertoires chantés avec Les Voix polyphoniques et se surprend à faire le clown dans l’opéra Vertiges II de la Cie Le Grain.

Mais ce portrait ne serait sans doute pas terminé si l’on n’évoquait pas les laboratoires qu’elle propose depuis 1999 aux professionnels ainsi que les formations sur le Théâtre d’objet menées aux côtés de Christian Carrignon et les regards extérieurs pour de jeunes compagnies.